Chère Toi, je suis trop bonne, trop conne.

Je suis une adepte du dicton “trop bon trop con”. Depuis toujours, je suis incapable de dire Non. C’est maladif, j’ai toujours eu cette peur de refuser quelque chose à quelqu’un, comme si je n’avais pas le droit de dire ce que je voulais.

Et puis, je suis tombée amoureuse. Et j’ai commencé à devenir de plus en plus une emmerdeuse. J’en suis devenue méchante et vulgaire. J’en suis arrivée à un point où mon ego a pris le dessus sur mon côté féministe qui, jusque là, m’empêchait de dire ou même penser que telle ou telle fille, femme, était une salope.

Et puis, j’ai compris. Vraiment. Etre une salope, ce n’est pas coucher à droite, à gauche, parce que chacun et chacune est libre de son corps. Etre une salope, c’est ne pas avoir de morale, de valeurs, d’amour propre et de respect envers autrui. C’est la même idée pour vous autres, hommes, mais là, je pense surtout aux individus de sexe féminin et je m’excuse de ne penser qu’à cette catégorie homme et femme sans parler des personnes qui ne s’identifient à aucun genre, mais vous comprendrez que je ne parle que de ce qui me trotte dans la tête actuellement.

Bref.

Je pense que tout serait plus clair si je m’adressais directement à la personne concernée par mes propos mes pensées et mes envies de meurtre mais ce serait manquer de respect à une personne, et, moi, j’ai certaines valeurs. Mettons donc fin à cette introduction qui ne sait que partir dans tous les sens, et entrons dans le vif du sujet.


Chère Toi,

Je ne te connais pas, mais je ne t’aime pas.

C’est triste, je trouve, de partir sur de si mauvaises bases sans jamais avoir échangé ne serait-ce qu’un regard, qu’un mot, qu’un sourire. Je ne sais pas grand chose de toi, si ce n’est ce qui est arrivé jusqu’à mes oreilles ou ce que j’ai pu apprendre grâce à mes talents de fouine et grâce aux divers réseaux sociaux, merci Internet. A part ça, je ne connais pas le son de ta voix, je ne connais pas tes opinions politiques en imaginant que tu en aies, je ne connais pas ton degré d’amour pour le poulet, je ne connais pas ta pointure ni même ta taille de soutien-gorge.

Et je t’avouerai que je m’en moque. Je suis pourtant une personne on ne peut plus curieuse quand il est question d’autrui, d’une nouvelle personne. Qui sait, nous aurions pu devenir de bonnes copines toi et moi, peut-être que je t’aurais invité à boire un verre en terrasse à mes côtés en parlant des cours, du beau temps ou du prochain spectacle des Enfoirés. Malheureusement pour nous, il est fort probable que si j’étais amenée à te croiser au détour d’une rue aujourd’hui, j’aurais plus envie de te couper tes longues boucles blondes une par une plutôt que de t’ouvrir mes bras.

C’est triste, je n’avais rien contre toi à la base. J’avais certes quelques doutes à ton égard, j’étais certes méfiante, mais une certaine personne m’a reproché d’être trop jalouse pour rien. “C’est peut-être vrai”, me suis-je dit. Alors, j’ai fait en sorte de me calmer, de te voir comme une jeune fille plutôt gentille et amicale, et j’y suis parvenue. Sauf que voilà, il s’est avéré que mon instinct m’est bien plus fidèle que n’importe quel meilleur ami de l’Homme et à peine avais-je commencé à avoir de l’affection pour toi que tu as tout foutu en l’air en une soirée où tu avais trop bu. Mais, je te rassure, je n’ai jamais cru à ces mythes de l’homme ou de la femme qui n’a plus conscience de ses actes une fois qu’il ou elle a trop bu. Pour tout te dire, même quand j’étais défoncée et incapable de distinguer le monde réel de l’intérieur de mon cerveau, j’avais cette incroyable capacité à gérer mes actes qui pouvaient avoir des conséquences sur ma vie mais aussi sur celles des autres.
Vois-tu, j’ai même appris grâce à certaines sources que tu avais déjà prévu avant cette même soirée de tout gâcher en agissant comme une enfant capricieuse et pourrie gâtée. Comment suis-je censée ne pas m’énerver ?

Pourtant, je ne t’ai jamais envoyé un seul message de haine. Si je ne l’ai pas fait, c’était parce que je n’avais pas à le faire. Par respect pour la personne que j’aime, parce que je ne voulais pas te faire peur, et parce que ce n’était pas à moi de mettre les choses au clair avec toi. J’ai toujours attendu, le temps que mes nerfs se calment, pour réfléchir à tête reposée et évaluer la situation en prenant du recul et en essayant d’être le plus neutre possible. J’en suis alors arrivée à une conclusion :

Chère Toi, je ne te connais pas, mais je ne t’aime pas, et les mots que j’utiliserais pour te décrire provoqueraient certainement l’arrêt cardiaque d’une religieuse.

Nous convoitons la même personne. Je suis une fille très compréhensive, ouverte, à l’écoute. C’est pour cette raison que je peux comprendre que deux personnes puissent être attirées par un même individu. C’est tout à fait normal et humain. Cependant, laisse-moi te faire part de quelques petits détails : Tu n’es pas la seule. Et je ne parle pas de moi. Je parle de quelques autres filles, au courant de mon existence, de mon statut, qui tournent autour de la personne que toi et moi convoitons et qui se permettent de tenter leur chance malgré ma présence plus ou moins affirmée, plus ou moins mise en avant. Maintenant, mets-toi à ma place. Admettons que tu n’aies pas été suffisamment idiote pour laisser passer ta chance quand tu en avais l’occasion sois la petite amie de mon petit copain. Tu lui fais confiance. Tu sais que d’autres filles le regardent. Mais tu ne dis rien. Tu as confiance en lui. Et puis, un jour, tu remarques qu’il parle énormément à une autre fille. Bon, peu importe. C’est une amie AH LA BLAGUE alors tu laisses passer. Et puis, certaines choses se passent et cette amie devient envahissante, tu as même l’impression d’être en couple avec elle. Tu me suis toujours ? Bien. Alors à partir de là, rajoute une autre “amie”. Puis une autre. Puis quelques nanas inconnues au bataillon qui tentent leur chance. Toi,  tu as confiance en la personne que tu aimes. Sauf que… comment gérer ces filles sans tomber dans ce piège ridicule du “Mon amour, montrons au monde entier que nous sommes en couple, amoureux et heureux à deux” ?
Parce que, moi, tu sais, je n’ai pas envie de tomber là-dedans. Moi, j’aime bien vivre mes histoires sans forcément montrer chaque petit détail de ma relation. Moi, j’aime bien me sentir aimée sans pour autant ressentir le besoin d’en informer un total inconnu qui, concrètement, s’en bat la race. Mais j’aime encore mieux quand je sais qu’il n’y a pas une fille comme toi qui tente sa chance à la moindre petite faille, à la moindre complication que ce couple peut rencontrer. Mais, tout ceci, tu t’en moques. Parce que tu es jeune. Trop jeune, dans ta tête. Parce que je sais comment tu réagis, comment tu penses, comment tu vois les choses. J’ai été comme toi. Et puis, un jour, j’ai fait beaucoup de mal à quelqu’un en agissant aussi égoïstement. J’ai grandi, après ça. J’ai appris que certaines erreurs, certaines blessures, certaines douleurs pouvaient être évitées. Dieu sait que cette personne à qui j’ai fait du mal m’en a voulu, mais a su me pardonner. Entièrement.

Chère Toi,

Tu es face à la mauvaise personne.

Moi, je ne suis pas comme ça. Moi, je n’ai pas cette vertu. Je n’ai pas cette bonté d’âme et de cœur. Moi, je pardonne mais je n’oublie pas. Je pardonne pour me sentir bien avec moi-même, mais je ne pardonne pas pour permettre à l’autre de passer à autre chose. Moi, je ne suis pas très gentille quand on touche à quelque chose qui me tient à cœur ou à quelqu’un que j’aime.

Je ne te connais pas, et je ne t’aime pas. J’ai donc deux raisons qui me paraissent valables, subjectivement, pour me permettre de ne pas être aussi conne et gentille à ton égard. Je suis lassée de ma gentillesse et de mon inaction. Je suis fatiguée de ne pas réagir, de laisser les choses se dérouler sous mes yeux sans broncher, sans crier, sans protéger celui auquel je tiens, sans me protéger moi-même, sans dire “Je suis là, putain”.

Tu peux considérer cela comme de la jalousie, je peux même te donner la définition que l’on trouve dans le dictionnaire :

Sentiment fondé sur le désir de posséder la personne aimée et sur la crainte de la perdre au profit d’un rival.

Ce à quoi je répondrai : Mon premier petit ami m’avait un jour dit “je veux que tu m’appartiennes, mais je sais que ce ne sera jamais le cas”. Il avait raison sur ce point. Je ne considère pas la personne que j’aime comme un objet qui m’appartient, mais comme quelqu’un qui m’offrira ce que je peux lui offrir. L’amour, c’est un échange, un partage, pas une possession.
Ensuite, je ne mentirai pas sur le fait que j’ai bien entendu peur de perdre cette dite personne au profit d’une “rivale”. Mais faudrait-il encore que tu sois digne d’être qualifiée ainsi.
Pourtant, tout ce que je ressens, tout ce que je dis, ce n’est pas totalement de la jalousie. C’est bien plus complexe et fort que ça. Je ne suis pas jalouse de toi. Je ne te supporte juste pas.

J’ai beau m’habiller comme une nonne, je suis loin d’être une enfant de cœur. Je fais si peu confiance à si peu de personnes que j’éprouve trop peu de compassion et d’empathie pour les gens qui me sont indifférents. Tu n’es rien pour moi, tu es une fille parmi d’autres, encore une enfant, encore très inconsciente de ce que ses actes et ses mots peuvent engendrer. Ça aurait pu être la raison pour laquelle j’aurais continué à me taire et à croire que tu étais inoffensive et que tu passerais à autre chose sans que j’aie besoin de lever le majeur (ou le petit doigt, tiens, je ne sais plus vraiment). Même si je sais bien qu’à partir du moment où tu rencontreras un nouveau garçon, plus beau, plus intéressant, plus je ne sais quoi, celui qui est à mes côtés ne sera plus qu’un doux souvenir. Jusqu’à ce que le garçon plus beau et plus intéressant se montre moins gentil et te fasse comprendre qu’il s’en fout, de toi.  Et tu reviendras vers lui et moi. Enfin, moi, indirectement. Je ne te laisserai pas faire. Je ne te laisserai pas être de Celles qui considèrent que leur simple paire de fesses peut leur faire accéder à tous les hommes qu’elles rencontrent. Je ne te laisserai pas être de Celles-là avec lui et moi. Parce que je tiens trop à lui pour le laisser se bercer d’illusions.

J’attends le jour où il se rendra compte de la personne que tu es. Moi, je l’ai compris dès le jour où j’ai eu écho de ton existence. En attendant, je tiens à te dire que je ne serai plus aussi gentille, douce, et conne. Je compte reprendre les choses en main, je ne fermerai plus les yeux, je ne serai plus dans l’ombre, je ne serai plus l’Ombre. Je ne ferai rien, si ce n’est être là. Je ne ferai rien tant que tu t’éloigneras. Je n’ai pas l’intention de te laisser profiter de la seule personne qui me donne envie de me lever le matin sous prétexte que je suis trop gentille et trop muette et trop invisible et trop trop trop. Si je devais te remercier, ce serait pour m’avoir sorti de ma torpeur. Merci de m’avoir réveillée.

Chère Toi,

Je ne suis pas aveugle, je te vois. Et c’est bien là mon plus gros problème avec toi.

 

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One thought on “Chère Toi, je suis trop bonne, trop conne.

  1. Le plus gros problème des gens de notre génération c’est qu’ils ne savent pas dire non. Car on peut presque tout avoir. Mais ce serait pas mal d’apprendre à dire non, car on aura jamais tout.
    C’est triste mais j’ai l’impression que celui qui a tord dans l’histoire c’est ton mec. Je n’aime déjà pas les gens qui convoitent plusieurs personnes à la fois, mais si ces gens sont en couple et font ça quand même alors là…
    Je ne dis pas que je suis blanche, je l’ai déjà fait, mais j’ai réfléchis et appris de mes erreurs, comme toi.
    Quand il te perdra il comprendra.
    Prend soin de toi surtout.

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