Les enfants cachés.

Le harcèlement scolaire, ça a longtemps été une histoire de famille.

Ma sœur, mon frère et moi-même avons tous eu nos bourreaux. Surtout au collège. Principalement au collège. Cet endroit infâme où nous n’avons pas d’autres choix que d’y passer au minimum quatre ans de notre vie. Ce lieu où l’on se voit grandir, où l’on entre dans l’adolescence, où l’on se confronte réellement aux autres et à la méchanceté propre à l’Homme.

Pour ma part, il y a toujours eu ce garçon. De la maternelle à la fin du collège. C’était ce petit crétin issu d’une famille pseudo bourge qui héritait de la même bêtise que sa grande sœur qui avait fait vivre le même calvaire à mon aînée. Pour eux, je crois que l’ablation du cerveau était une affaire de famille, mais passons.

Avec le temps, je crois qu’on avait crée une relation étrange avec ce garçon. Je le craignais, je l’évitais, parfois j’avais quelques temps de répit, je n’existais plus pour lui, et puis sans raison apparente, il revenait. Je me souviens de ce jour en primaire où, assis juste derrière moi en cours, il me parlait. Je ne sais plus ce qu’il me disait, je sais juste que je me suis énervée et que ça nous a valu, à lui et à moi, de se faire punir par l’instit’. Nous étions chacun dans un coin de la pièce. J’étais punie pour la première fois de ma scolarité, moi, l’élève qui ne faisait rien d’autre que de travailler le plus possible pour toujours être au minimum troisième “intello” de la classe. J’avais pleuré, aussi, dans ce coin de classe. Et ce même garçon, encouragé par un de ses sbires, m’avait lancé un “bohhh tu pleures parce que le maître t’a puni” suivi d’un rire de hyène enrhumée. Non, pauvre idiot, je pleure parce que j’en ai marre, marre de toi.

Enfin non, je n’ai pas dit ça. J’ai juste séché mes larmes, reniflé un coup, et je me suis calmée. Combien de temps cet enfer allait encore durer ?

Pauvre enfant. Je n’étais qu’au bout de mes peines et de mes surprises. Parce que quelques années après, j’entrais en sixième. Ah la sixième. Le grand saut. L’école où on change de classe toutes les heures, où on ne doit pas oublier ses affaires dans la salle au risque de ne jamais les retrouver, où les couloirs sont remplis d’élèves qu’on ne connaît pas mais qui sont tous aussi effrayants les uns que les autres. Mais aussi, l’école où on découvre que chaque individu est aussitôt placé dans une catégorie d’élèves. Dans mon collège -et je pense fortement que le système est le même dans d’autres-, il y avait trois rangs : les populaires, les “cassos” ou cas sociaux, et ceux que je nommais les “invisibles”. Le collège, c’est un peu Koh-Lanta. Tu avais toutes les chances de t’en sortir si tu étais dans l’équipe des gens populaires. Parfois, tu pouvais aussi gravir les échelons. Plus rarement, tu pouvais les descendre. On remarquait moins ces gens-là. Ces cas étaient, il me semble, plus rares.

Ma meilleure amie de l’époque avait bien compris ce système. Plus rapidement que moi, en tout cas. A la fin de ma deuxième année de collège, elle n’était plus cette si grande amie que je connaissais depuis si longtemps. Elle avait trouvé une autre meilleure amie. Vous savez, cette fille comparable à un virus qui sort d’on ne sait où, qui s’incruste dans ton monde et qui te prend tout. Elle m’avait pris ma seule amie. Et à partir de la quatrième, le vrai jeu a commencé.

C’est aussi là que j’ai rencontré cette autre fille qui traînait toujours seule et qui passait ses récréations cachée dans les toilettes. “C’est une cassos”, qu’ils disaient. Ça a aussi été ma principale raison de ne pas baisser les bras. Le harcèlement scolaire, elle le connaissait encore mieux que moi. En devenant son amie, je l’ai vécu avec elle, avec la même intensité.

La route jusqu’au collège était devenue un calvaire, chaque matin. Le soir aussi d’ailleurs, pour rentrer chez moi. Parce que, oui, le garçon dont je parlais, il a toujours vécu dans le même village que moi. Alors quand il s’ennuyait, il avait toujours la possibilité de s’en prendre à moi. A force, j’avais fini par me demander si son obsession envers moi n’était pas le signe d’un amour qu’il pouvait me porter. C’est vrai après tout, autrement, pourquoi passerait-il le plus clair de son temps à m’en faire baver ? J’avais pensé que c’était maladif chez lui. Je le plaignais, un peu.

Tout comme je plaignais cette fille, voleuse d’amie, qui me faisait vivre ma scolarité dans la peur. A peine avais-je passé les grilles, le matin, que je voulais repartir. J’avais fini par vérifier dans le grand hall si elle, ou une de ses copines, n’était pas là, avant de me permettre d’entrer. Et puis je filais directement dans un endroit où on ne me trouverait pas jusqu’à ce que la sonnerie retentisse.

Mon petit frère, lui, est entré au collège quand j’en étais à ma dernière année. Tout le monde savait qui il était. Et il était aussi idiot que moi quand il était question de comprendre les autres et le système qu’ils avaient crée dans l’enceinte de l’école. Et puis, on était très proches lui et moi. Alors les filles que je n’aimais pas et le garçon obsédé ont pensé que ce serait drôle de m’atteindre en s’attaquant à mon frère. Je m’en suis voulue, énormément. Je me sentais coupable de lui faire subir ça, uniquement parce que je n’avais pas été à la hauteur de ce que ces abrutis attendent des gens qui ne leur ressembleront jamais. Parce que ce sont des abrutis, justement. Un jour, une fille était venue me voir pendant une récréation, suivie par sa tribu de macaques. J’étais seule face à elles. Cette fille, c’était l’illustration parfaite de la nana de quatorze ans qui pense être déjà une adulte, mais qui ne peut jamais se déplacer sans sa clique au risque d’avoir l’air d’une guignole paumée. Elle m’avait dit, le menton haut, le regard accusateur et plein de dédain : “Eh toi, ton petit frère il a intérêt de se calmer s’il veut pas avoir d’ennuis”. Ce à quoi j’avais répondu (parce qu’en plus d’être une inadaptée sociale, j’ai aussi tendance à trop l’ouvrir) qu’il n’avait que onze ans et qu’il avait encore le droit de faire ce qu’il voulait, qu’il ne faisait de mal à personne. L’adolescente en plein délire de supériorité s’était approchée de moi et m’avait alors gentiment conseillé, je cite : “d’apprendre à éduquer mon frère”, avant de faire demi-tour et de reprendre sa route.

A ce moment-là, dans ma tête, je m’imaginais des milliers de scénarios. Mon préféré était celui où elle finissait la bouche en sang. Mais je n’avais pas vraiment envie de recevoir encore plus d’insultes lancées dans les couloirs ou les escaliers, d’écouter leurs menaces, de prendre quelques coups à la sortie du collège, de me faire bousculer à la moindre occasion, et encore moins de retrouver mon petit frère avec un bras dans le plâtre (de toute manière, durant sa scolarité, un autre garçon tout aussi crétin s’en est chargé, enfin je ne sais plus si c’était la jambe ou le bras, mon frère ayant eu tellement d’accidents dans le genre au collège).

Alors oui, je parle d’accidents parce que c’est ainsi que les adultes en charge de notre éducation et de notre sécurité dans l’enceinte de l’établissement avaient qualifié les blessures que se faisait mon frère à l’école. En quatre ans, je ne sais pas combien de temps mes parents ont passé aux urgences pour lui. Et malgré cela, la direction n’a jamais rien fait. L’élève coupable et désigné, toujours le même, n’a jamais connu aucune sanction. Il était toujours question d’une stupide altercation entre deux adolescents et puis, après tout, comme ils aimaient si bien le dire, tout le monde savait bien que mon petit frère était un élève “bavard en classe, très rarement attentif et ne sachant pas se taire quand le ton montait”. Pardonnez-moi, monsieur le directeur. Pardonnez mon frère de ne pas être suffisamment adapté à votre goût au système de l’éducation nationale, pardonnez-le de ne pas vouloir s’abaisser à des enfants de son âge qui n’ont pour seule ambition que de lui mener la vie insupportable. Mais dîtes-moi, auriez-vous fait quelque chose pour ma grande sœur lorsque, pendant sa scolarité dans votre établissement, un élève l’a suivi dans les toilettes en la qualifiant de coincée et en la menaçant physiquement ? Si je regarde ses bulletins scolaires, je vois qu’elle était sérieuse et assidue mais que ses résultats restaient faibles. J’aimerais donc savoir si ce cas-là vous aurait semblé suffisamment correct pour pouvoir la défendre si elle avait eu le courage d’en parler ?

Pour ma part, j’avais la chance d’être une élève plutôt sérieuse et avec de bons résultats. C’est peut-être pour cette raison que vous m’avez écouté sur parole, alors que je n’avais aucune preuve réelle de ce que j’avançais. Ce jour où je me suis mise à fondre en larmes en cours de maths, que mon professeur m’a envoyé à l’infirmerie, pour ensuite me diriger dans le grand bureau du principal. Je n’ai fait que parler. Je n’ai pas voulu donner de noms par peur de représailles. D’ailleurs, vous n’avez pas insisté pour les connaître, ces noms. Vous n’avez jamais cherché à savoir, par la suite, si les harcèlements perduraient. Heureusement pour moi, cette crise de larmes, ce jour-là, n’était que le signe d’un ras-le-bol de ma part. Et plutôt que de me pendre dans les toilettes du collège, j’ai fait en sorte de mettre mon intelligence à profit, je me suis protégée moi-même, et j’ai protégé ma seule amie et mon frère. Le calvaire s’est achevé grâce à moi. Je me suis imposée, je ne sais comment, comme un cri sonnant la fin du jeu. Parce que je savais au fond de moi que je n’étais pas ce que les jeunes d’aujourd’hui appelle une “victime”. J’étais une battante. Et les excuses ridicules de la plupart de ces filles, quelques années après, ont été une de mes plus grandes fiertés.

Aujourd’hui, ma sœur a fait sa vie loin de ces gens, et jusque là elle réussit tout ce qu’elle entreprend. Mon frère suit sa scolarité et s’est forgé une forte carapace afin d’avoir toujours une certaine supériorité face aux crétins. Pour ma part, je me suis coupée des autres, et j’ai cultivé un plaisir pervers à voir ce que les sales personnes de cette époque devenaient. Pour la majorité, ce sont les plus grosses blagues que la Terre n’ait jamais porté.

Le harcèlement scolaire, ça a longtemps été une histoire de famille.

Et malheureusement, pour beaucoup, c’est surtout une histoire que l’on vit seul. Parfois, c’est une histoire qui s’achève prématurément.

Sur le site du gouvernement, on apprend que 700 600 élèves français sont victimes de harcèlement, de l’école au lycée. On apprend aussi que grâce à la magie d’internet, cet outil que l’on utilise chaque jour et qui nous donne un sentiment de puissance, caché derrière notre écran, un élève sur cinq subi ce qu’on appelle du cyber-harcèlement.

Sur le site francetv, on apprend que 61% des élèves harcelés disent avoir des idées suicidaires.

Et combien d’entre eux passent à l’acte ?

Et combien de proches, combien de familles, se tuent l’esprit en pleurant de ne pas avoir pu déceler les signes plus tôt ?

Ce n’est pas parce que je ne vois pas d’intérêt à la vie humaine que le suicide de ces personnes ne me touchent pas. Parce qu’eux ne pensent pas comme moi. Et eux ne pensent pas comme vous. Vous qui les poussez dans leur retranchement. Vous qui êtes capables de faire vivre un enfer à une simple personne parce que

Parce que…

Parce que quoi ? Pourquoi, d’ailleurs ? La seule fois où j’ai eu l’occasion de poser cette question à un individu m’ayant harcelé à l’école, il m’avait répondu “parce que j’étais con”. Mais non… c’est trop simple, comme réponse. Ça facilite la vie de répondre ça.

J’en viens à me demander : A qui la faute ?

Pourquoi, en 2016, le harcèlement scolaire ne faiblit pas ? Pourquoi, alors que les gens osent en parler ?

La faute à qui ? Aux acteurs directs de ce harcèlement ? Aux spectateurs, que ce soit ceux qui encouragent un harcèlement ou ceux qui ferment les yeux de peur d’être la prochaine victime ? Aux professeurs ? Aux gens plus haut placés ? Aux parents, incapables d’apprendre les bases du respect et du vivre ensemble à leur progéniture ? A la société dans sa globalité qui ferait alors passer la scolarité et l’adolescence comme un tremplin dans le monde encore plus horrible des adultes ? Ou encore aux victimes elles-même, qui n’ont pas eu le courage de parler quand il le fallait ? Au fond, quitte à être salauds entre nous, autant l’être jusqu’au bout !

Aujourd’hui, si j’écris sur ce sujet, c’est parce qu’en dix-huit ans, j’ai rencontré un trop grand nombre d’enfants victimes de harcèlement scolaire. Un article du Huffington post a plus ou moins déclenché un signal d’alerte dans ma tête. J’écris pour m’en sortir, j’écris pour vivre, et ce depuis toujours. Et le journal de cette jeune fille aurait pu être écrit par n’importe qui. Par moi comme par votre sœur, votre frère, votre enfant, votre cousin, votre voisin, votre ami ou votre ennemi. Le harcèlement peut entraîner une perte de confiance chez l’individu concerné, parfois même des troubles psychologiques pouvant l’amener à souffrir de dépression comme s’il n’avait pas suffisamment morflé. Dans certains cas, plus nombreux qu’on ne le pense, on observe des conduites suicidaires.

Aujourd’hui, nous devons encore aborder ce sujet. Ce n’est pas sensible, ce n’est pas tabou, ce n’est pas du passé, ce n’est pas terminé. Aujourd’hui, lorsque je passe devant des collèges, des écoles, devant des groupes d’élèves de tout âge, des plus jeunes aux plus vieux, je le sens encore : ce besoin de mépriser un autre, un qui ne nous ressemble pas, pour ressentir ce semblant de supériorité. Quand je passe devant des groupes d’élèves, je les vois encore, ces gamins qui baissent la tête qui rasent les murs qui se noient dans leurs vêtements qui se cachent derrière leurs cheveux qui prient pour rester invisibles qui hurlent à l’intérieur.

Toi qui a subi, qui subit, ou qui subira

Tu n’as jamais été seul. Tu n’es pas seul. Et tu ne le seras jamais.

Le mot “victime” ne fait pas de toi quelqu’un de faible. Ce que tu vis ne fait pas de toi une victime. Il y aura toujours quelqu’un à qui tu pourras parler. Que ce soit tes parents, un ami, un professeur, peu importe, une personne de confiance. Ne crains pas les représailles. En parlant, tu ouvres la voie à d’autres personnes comme toi. D’autres “cassos”, d’autres “invisibles” qui n’attendent qu’un leader pour lever le poing, lever le menton bien haut, marcher bien droit et crier le plus fort possible qu’ils ont les mêmes droits qu’un autre.

En élevant sa voix, on ôte la parole aux coupables. Qu’on leur coupe la langue.


L’association e-Enfance
3020 : numéro vert Non au harcèlement
0808 80 70 10 : numéro d’appel Stop harcèlement

 

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3 thoughts on “Les enfants cachés.

  1. C’est encore moi. Ça fait plusieurs années que je te suivais sur Ask et maintenant, au lieu de lire tes réponses sur le sites, je lis tes posts sur ce blog.
    Je me rappelle les crises d’angoisse que je faisais chez moi au petit déjeuner avant de me rendre au lycée, devant mes parents. Je me rappelle la panique dans le bus qui m’emmenait jusqu’au lycée. Je me rappelle parfaitement le sentiment d’étranglement que je ressentais lorsque je passais les portes de l’établissement, ces mêmes portes qui m’enfermaient pour toute une journée avant de me libérer. J’ai vécu le harcèlement mais aussi et surtout le cyber-harcèlement. Il y avait cette fille qui n’avait pas digéré que je coupe les ponts avec elle parce que tout simplement je ne m’entendais pas avec elle, elle m’insupportait et par conséquent je ne voyais pas de raison valable de rester amie avec elle. Elle s’en prenait alors à moi via son blog et elle montait tout le monde contre moi, racontant à qui voulait bien l’entendre que j’étais une folle à lier, qu’un jour je finirai par exploser, que ma dépression c’était de la comédie, que mes idées suicidaires, c’était du pipeau. Ses propos sur le net étaient durs et violents, “abrutie schyzo bipolaire” “folle” “crève” etc… Et elle était dans le même lycée que moi, pas dans la même classe fort heureusement. Et quand il nous arrivait de nous croiser, je me pissais dessus. Et finalement, IRL, elle fermait sa grande gueule d’empaffée. Et lorsqu’elle m’avait dépassée, et seulement à ce moment-là, elle rigolait très fort avec sa pote pour que j’entende bien qu’elle se moquait de moi. Jamais en face, toujours dans le dos, toujours via un écran. Et pourtant, qu’est-ce que j’ai pu souffrir. Parce qu’Internet c’est là où j’écrivais, où je retrouvais mes ami.es et où je pouvais m’exprimer librement via les “fanfictions”. Tout mon quotidien était gangréné par cette fille qui finalement n’avait pas grand-chose dans le froc. Et si seulement il n’y avait eu qu’elle… Au collège aussi, au primaire. Étant toujours l’éternelle “première de la classe” qu’est-ce que j’ai pu en baver avec les méchant.es morveux.ses. Des coups, des menaces, du chantage, de la haine, de la jalousie, de la solitude et de l’isolement aux récrés. Étant également l’éternelle petite nouvelle parce que du fait du métier de mon père on déménageait en moyenne tous les trois ans. Il y avait aussi ce gars toujours au lycée, dans ma classe ce coup-ci. Il croyait que je ne connaissais pas son compte Twitter et que je ne voyais pas les moqueries qu’il y mettait à mon encontre avec ses potes. Toujours entouré de sa bande de copains merdeux dans le bus à faire chier.
    Nous sommes trop nombreux.ses et nous le serons toujours je crois bien. Encore plus à l’ère du numérique.

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  2. Ah les années collèges… Une chance peut être à l’époque c’est que l’ère numérique n’était pas encore d’actualité, mais le harcélement était déjà bien là. Je faisais parti surement de ceux qui restait invisble, ne rentrant pas dans le moule. Frêle, menu, assez reservé pendant les deux premières années j’encaissais les coups ( aussi bien physiquement et psychologiquement ) sans broncher, sans en parler… A me retrouver seul. Me retrouver seul n’était pas trop le problème, une question d’habitude que depuis longtemps je connaissais. Je dirai même que cette solitude m’a servi dans un sens à dévelloper mon sens de l’observation, à comprendre déjà certaines choses de la vie ( en société ), à avoir une vision peut être différente de cette fourmilière. Mais un jour le vase à débordé lorsque j’ai été attendu à la sortie du collège, dans une petite ruelle à côté parce j’avais osé répondre à sois disant à un leader. Tellement sûr de lui qu’ils ont été trois à m’attraper. J’en rigole encore aujourd’hui, car cela fut clair… Même pas le courage d’un vrai face à face, et, là il y a eu un déclic. J’ai pris ma branlée ce jour là, mais la fois d’après pensant avoir le dessus psychologiquement il n’a pas été déçu du voyage. Je n’ai rien dit et l’ai laissé venir, tout en me rappelant ce que me disait le grand père ” un chien qui aboit ne mord pas”. Je l’ai laissé aboyer, mais j’ai mordu en premier. Toute cette rage, cette colère et haine de ces années de violence, sont remontées en une fraction de seconde,et, j’ai bondit tel à un animal sauvage blessé défendant sa vie… Le problème c’est qu’une fois dans cet état, je vois rouge… Et la seule chose que mon cerveau souhaitait était de voir le sang coulé… Les pionnes sont intervenues pour nous séparer mais un peu tard, le branleur direction infirmerie et urgence, moi direction la directrice de l’établissement. Droit à la convocation des parents, sanction d’exclusion… Mais de ce jour là le petit gars menu qui fermait sa gueule était vu différement après. Et on y réfléchissait à deux fois à venir l’emmerder par la suite, car le visage en sang de ce fameux leader était resté gravé dans leur petit cerveau d’adolescent d’idiot. Après je ne dit pas que ma réaction était forcément la bonne, mais quand le système t’abandonne il ne faut compter que sur toi même et se défendre. Et ce fut ma manière de me défendre. Mais cette expérience m’a appris, et, encore aujourd’hui je n’attend plus de prendre des coups avant de réagir ( plus ou moins différement aujourd’hui ). Mais ce jour je me suis fait la promesse de ne plus être victime.

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