J’aimerais que tu t’en ailles.

Parfois, je ne sais plus si je me trouve inutile parce que je le suis ou parce que je me vois à travers le regard de la dépression.

Vous savez, ce regard où il n’y a ni couleur ni saveur, ce regard qui vous fait voir le monde en gris, ce regard qui vous fait voir tous ces autres regards qui vous font sentir misérable, minable, nul et seul.

Depuis plus d’un an, je regarde le monde qui m’entoure avec ce regard-là. La dépression, je ne pensais pas que ça me toucherait un jour. Je pensais être suffisamment forte pour passer au-dessus de ça, et au final, ça m’est tombé dessus comme ça, sans que je ne puisse rien y faire. J’ai subi, et aujourd’hui, je peine à la faire sortir de mon corps.

Parce que oui, la dépression ça t’envahit tout le corps. La dépression, c’est cette amie un peu lourde que tu portes sur ton dos et qui refuse de s’en aller. Elle squatte chez toi comme une sangsue et refuse de faire ses bagages. Elle est là et elle y reste. Et ce ne sont pas des cachetons à gober qui lui feront peur. La dépression, elle n’a peur de rien et c’est ce qui te fait avoir peur de tout.

La dépression, elle commence le matin. Quand j’ouvre les yeux dans mon lit, et que j’ai envie de pleurer parce que je suis toujours en vie. De plus, j’ai cette sensation d’avoir un poids sur moi qui m’empêche de me lever, et une fois que j’y arrive, tout devient froid. Et terne. Je sens la journée arriver et cette journée sera la même qu’hier et je pourrais même parier qu’elle sera identique à celle de demain. C’est ainsi, sous le masque de la dépression, chaque jour se ressemble et une routine effrayante et macabre s’installe.

La journée continue, je n’ai pas faim. Je sens ce vide dans mon estomac mais je sens aussi que je ne pourrai rien avaler. Alors je me contente d’un café histoire de me dire “ça va me réveiller” mais que dalle, vous pensez bien. Il n’est même pas rare qu’une fois ce dit café bu, je fonce me coucher dans le canapé, enfouie sous des couvertures, pour me rendormir.

Il est midi. Je devrais aller prendre ma douche, mais je n’en ai pas l’envie ni le courage. La dépression est sale, elle peut t’empêcher de te laver pendant des jours et des jours, sans que ça ne te pose problème. C’est comme ça, la dépression te fatigue au point qu’une action banale et naturelle te semble être un obstacle insurmontable.

Il est toujours midi. Mon petit frère est à la maison. Alors je fais à manger. Parce qu’il ne sait pas cuisiner. Et lui, il ne partage pas son corps avec la dépression, il a faim, comme tout le monde. Je mange difficilement, mais je mange vite pour ne pas avoir à rester trop longtemps là où je ne veux pas être.

Vient alors l’après-midi. Un long moment de solitude malgré la présence de ma chère amie. J’écoute de la musique, mais les sons ne parviennent pas totalement à mes oreilles. Que ce soit du rap, du jazz, de la pop ou du classique, je perçois chaque son de la même manière. Ça ne me procure pas vraiment de plaisir, j’écoute tous les jours les mêmes musiques. En vérité, c’est surtout pour avoir un fond sonore. Pour ne pas me perdre dans le silence. Pour bloquer mes pensées noires. C’est un moyen comme un autre.

Parfois, je fume. C’est probablement un de mes seuls plaisirs. C’est aussi la seule raison pour laquelle je sors sur ma terrasse et “profite” du soleil. Autrement je resterais enfermée chez moi et ne ferais même pas dépasser le bout de mon nez à l’extérieur.

Le soir. On mange en famille, je prends mes cachets ; l’antidépresseur, puis l’antipsychotique qui m’endort plus qu’autre chose. Non, je suis méchante, ce dernier m’aide beaucoup. Le premier en revanche, je n’en vois pas l’utilité. J’ai toujours autant d’idées noires, j’ai toujours une motivation d’huître, j’ai toujours ma fidèle amie auprès de moi.

Je m’endors. C’est le meilleur moment de la journée. Celui qui me fait fuir la réalité. Le sommeil est mon allié. Malgré le nombre de cauchemars que je fais chaque nuit, j’aime dormir. Je passe le plus clair de mon temps à dormir. Parce que j’en ai besoin. La dépression fatigue tout ton être alors que par sa faute tu n’as plus envie de faire quoi que ce soit.

La dépression est méchante. Elle n’a rien de glamour ou de romantique. La dépression, c’est se regarder dans le miroir après quatre jours sans avoir pris de douche, les cheveux en bataille, le regard vide, la bouche triste et le visage fermé. La dépression, c’est ne plus avoir envie de rien, c’est se sentir impuissant et incapable d’agir. La dépression, elle est cruelle. Parce que parfois, tu crois que tu t’en sors, tu crois sincèrement que tu remontes la pente et puis, tout d’un coup, tu fais une chute vertigineuse et tu te retrouves encore plus bas que tu ne l’étais auparavant. La dépression est vile. A cause d’elle, je suis devenue inapte à me voir telle que je suis réellement. Je me vois comme une personne hideuse, grosse et stupide.

Alors parfois, la dépression invite des amies à elle. Dans mon cas, elle a convié l’anorexie à la fête. Une triste célébration, me direz-vous. L’anorexie est tout aussi horrible que la dépression. Elle ne nous fait pas vivre les mêmes choses, mais tout se vaut. Je sais que j’en souffre, mais elle me persuade que je ne suis pas suffisamment forte pour la combattre. Alors je me laisse couler, je perds du poids, et j’en suis heureuse. L’anorexie finit par te faire croire qu’elle est une lueur d’espoir et de joie dans ta vie de dépressive.

Je sais que je peux m’en sortir. Je sais que je m’en étais sortie et que je replonge tête baissée dedans. Et je suis tellement désolée de décevoir les gens comme ça, je fais de mon mieux pour aller mieux mais parfois c’est plus difficile et je n’y arrive plus alors je me laisse glisser doucement, et là je n’arrive pas à remonter la pente, c’est trop dur pour moi, je ne suis pas quelqu’un de fort, je suis plus que faible, et je m’en veux parce que tellement de gens me pensent forte et courageuse alors que je ne le suis absolument pas, je rechute constamment et j’ai parfois l’impression que ça ne s’arrêtera jamais. Je ne fais pas ça consciemment mais ce n’est pas une excuse, je pourrais avoir la volonté de m’en sortir mais visiblement je l’ai perdu.

Mais parfois, la dépression devient un corps à part entière et par conséquent, gagne la première manche.

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2 thoughts on “J’aimerais que tu t’en ailles.

  1. hello petite Justine, je sais que tu sais qui se cache sous ce pseudo
    je viens de lire ton texte, et je me permet de t’écrire ces mots
    tu sais que je suis franc et direct, alors je vais te dire les choses directement
    oui tu es dépressive et anorexique, mais tu sais tout comme moi que quand on est dépressif, on l’est à vie.Même si elle s’est éclipsée pendant des années et qu’on la croit disparue, elle attend là caché dans l’ombre pour réapparaître et nous prendre dans ses bras. Oui la claque est d’autant plus grande,et, que ce n’est aucunement médicaments, drogue, alcool ou quoique ce soit d’autre qui la fera disparaître, alors il faut la porter malgré tout. Mais la mort la ne fera pas disparaître, car dans le souvenir des personnes qui t’aiment, elle aura eu raison de tout, car l’image des gens sera l’excuse d’un suicide par exemple. Et oui toute seule tu n’es pas assez forte, tu le sais au fond, mais pas facile d’aller de livre et raconter certaine chose et de notre ressenti et mal être à qui que ce soit, même un professionnel, alors aux autres encore moins, ils vont nous prendre pourquoi… Alors une chose déjà, on s’était dit quelque chose il y a un an, et, notre parole, pour moi elle est toujours présente. Et ta force tu peux la tirer des quelques personnes proches ( ou pas ) mais qui ont pour toi de l’amour ( pas l’amour avec le grand A lol ), t’estime et te prends simplement comme tu es. Et qui ont du respect aussi pour toi car d’affronter, de reconnaître qu’on est malade, c’est déjà beaucoup. Il y a une différence entre connaître le chemin et arpenter le chemin. Et ce chemin est fait par moment de rencontres qui nous accompagnent un petit bout de chemin car sur l’instant ils nous donnent et apportent ce qu’on avait besoin sur l’instant, sans rien en retour, et puis s’effacent après dans un murmure. Et parfois au détour d’un virage on peut aussi les recroiser. Alors voilà tu as besoin de parler, de recevoir une baffe, tu peux m’appeler ou autre, je ne te jugerai pas. Tu sais l’année dernière j’ai fait connaissance d’une petite Luna, car elle avait 2 face, celle qu’elle laissait paraître devant tout le monde, mais derrière la face cachée, pourtant qui révèle des qualités de valeur. Deux souvenirs forts je garde,le premier ce fameux matin tôt, alors que tu ne te levais pas tôt, et qui était la veille du soir où nous avons discuter tard. Je t’ai parlé de ce que tu cachais, et, je ne sais si j’étais le premier à qui tu en parlais, mais je sais que’à ce moment là tu avais besoin d’une écoute sans jugement, sans essayer de la souffrance que tu ressentais, juste une écoute, et, j’espère que je te l’ai donné réellement et véritablement comme tu l’attendais. Mais je sais que ça t’a donné une force qui t’a donné l’élan de l’aborder avec le psy. Puis le deuxième où je t’ai montré aussi que je n’ai pas peur de combattre le mal par le mal, car que je sais aussi ce qu’est d’avoir mal, mais mal avec le grand M. Là tu avais été extrême pour faire paraître ta face visible, et, tu le faisais consciemment car tu te détruisais à travers le regard des autres, et, c’est ce que tu recherchais. Alors OUI, je t’ai fait mal sans regret et sans hésitation, pour te faire mal, puisque c’est cela que tu voulais. Et même si tu t’écartais d’une certaine façon, je ne n’ai aucun regret car tu le voulais sur le moment, et, moi je n’ai aucune honte à faire mal et blessé quelqu’un, voir j’aime cela dans un sens, et, tu le sais. Mais ces deux souvenirs m’ont permis de connaître ta face cachée qui est plus introvertie, réservée, et qui a peur. Et cela ont découvert ton humanité, ce qui est toi car ta sensibilité, ton écoute, ton silence te fait totalement humaine et non un malade imaginaire… Moi aussi depuis un an j’ai des rechutes, et, je repense à l’année dernière où j’ai rencontré tout sauf des malades… Non voir cela faisait longtemps que je n’avais pas croisé des personnes vraiment humaines avec de belles valeurs humaines… Et je vais te décevoir un peu plus car tu sais comment je traité ma dépression, grâce à un produit spécifique. eh bien mon amie aussi est revenue quelque fois me rendre visite, car oui elle ne m’aide pas c’est tout le contraire… Mais qui a se détruire, chacun le fait à sa manière, et moi, j’aime me détruire en prenant quelque chose qui me rappelle comment je ne suis rien et éphémère, et, que toute ma vie j’ai toujours aimé cette amie dépression qui me fait du mal, car c’est un plaisir aussi… Tu vas dire que je suis sadique de me mutiler à ma manière, peut être… Ne l’es-tu pas non plus… Et connaître le chemin et l’arpenter à une différence… Donc savoir qu’on est malade et de se guérir est différent. Tu referas des chutes, oui ne te cache pas la face, je te le rappelle je ne suis pas là pour te vendre du rêve. Non je te dis la réalité, et tu le sais. Alors ouais tu retombes, ouais tu rentres dans ta bulle, et, quoiqu’on te dise, tu ne m’entend pas parce que là je ne vis pas ce que tu vis pour comprendre que tu te dis… Peut être, mais je ne te demande pas qui souffre le plus, je te dis que pour moi notre parole est présente, et, que si tu en as besoin même qu’une fois et après plus de nouvelle de ta part, je m’en fous. Car si à l’instant je peux te donner juste un peu de force que tu n’as pas et te donner un peu d’élan, j’en serai tout simplement content. Et tu n’as pas avoir quelques gènes avec moi, car je m’en fous du ressenti des autres, si je suis là c’est simplement qu’à travers ton regard et tes yeux, j’ai lu peut être certaines choses, qui font que tu es toi avec tes valeurs et qualités, ta peur et force, Justine et Kitty, et, tout cela font toi que j’apprécie tel quel et pas autrement. Et si je peux t’aider sur l’instant à pouvoir te “libérer”( tu ne seras jamais réellement libérée rappelles le toi bien, je ne te vend pas du rêve, mais la réalité comme elle est ), et, bien ce sera une rare petite chose de bien que je ferai dans la longueur de ma vie. Et crois moi ma vie est plus vouée à détruire la vie des autres parce que je suis malade soit disant. Alors entre malade on peut au moins s’écouter vraiment, puisqu’on sait qu’on est malade et entre nous lol.
    Tu as peut être encore mon numéro, et, si ce n’est pas le cas et que le veux pour je ne sais et toutes raisons de ton propre choix, je te le redonnerai, je suis là. je n’attend rien en retour car je te connais et que tu me connais. Alors la gêne tu ne dois pas le ressentir, bien au contraire . Sur ceux je te laisse en te disant qu’il m’arrive de penser à toi, car je t’ai apprécié pour ce que tu es vraiment et non l’apparence, et, que je lis tes textes à chaque publication. Car à travers je ressens d’une façon ce que tu deviens dans le quotidien. Et que oui ça me ferait chier que tu t’enfonces et ne rien avoir tenté en te regardant laisser faire. Et sache que je suis toujours capable de débarquer un jour chez toi comme cela, car j’aurai ressenti que tu demandais à souffrir et que tu le faisais déjà.
    Voilà ce que je voulais t’écrire, et, cela ne s’écrit pas à ma façon d’écrire, alors j’ai couché mes mots et pensées comme elles venaient, et, je sais que tu as compris le vrai message qui est simple à comprendre.

    PS : musique à écouter pour toi : https://www.youtube.com/watch?v=YLIy2t-KAc0&list=PL681759C3DB32EAB5

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  2. Ou si tu veux l’avoir notre ami en commun l’a aussi. Et lui aussi a fait des rechutes, et, peut être un simple petit message de toi, pourrait lui montrer qu’il est pas seul ( sans même aborder le sujet ). Un petit geste sans valeur est un trésors caché pour l’autre car c’était l’instant…
    Désolé de ma prise de tête, mais il fallait que je te l’écrive.
    Je ne te souhaite pas bonne journée, au contraire quelle te soit ravageuse, mais pas dans le premier sens que tu l’entends.

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